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Tshisekedi dans le piège de la CENI
Etienne Tshisekedi

Tshisekedi dans le piège de la CENI

La fille ainée de l’Opposition rattrapée et contrainte de reconnaître le son Groupe parlementaire après des négociations préalables

Une lettre du Secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund datée du 9 janvier 2017 fait jaser. Elle somme le rapporteur de la CENI Jean-Pierre Kalamba de démissionner de son poste, en application de l’Accord du 31 décembre 2016. La démarche a-t-elle la chance d’aboutir sans des discussions directes entre le parti et ses élus, jadis exclus comme des pestiférés mais requinqués depuis que le poste de Rapporteur de la CENI qu’ils avaient réussi à tailler sur mesure et dont ils avaient pu verrouiller l’accès a commencé à susciter de la convoitise et de l’engouement.
L’UDPS réclame le strapontin de Rapporteur de la Commission électorale nationale indépendante -CENI. Son secrétaire général Jean-Marc Kabun a Kabund a dévoilé les intentions parti tshisekediste dans une lettre datée du 9 janvier, adressée au Rapporteur de la CENI Jean-Pierre Kalamba Mulumba, sommé ipso facto de démissionner de son poste, en application de l’Accord du 31 décembre 2016.
«Monsieur Jean-Pierre Kalamba, en application de l’Accord politique inclusif signé le 31 décembre 2016 au Centre interdiocésain de Kinshasa/Gombe, nous avons l’honneur, par la présente, de vous inviter à démissionner du poste de Rapporteur de la CENI, lequel poste revient de droit à l’UDPS, notre parti», écrit Kabund. Les députés UDPS et leurs alliés s’en étonnent. Tout le gotha politique avec eux. Étienne Tshisekedi vient d’être rattrapé par l’histoire.
Premièrement: à propos de la légitimité des institutions issues des élections du 28 novembre 2011 dont il n’a pas voulu reconnaître la légitimité. Deuxièmement: à propos de la CENI, où le Rassemblement et l’UDPS se sont sans nul doute fait hara-kiri. En fait la correspondance du SG Kabund a l’avantage de ramener l’UDPS face à la dure réalité: le parti et son chef sont pris dans un piège.
Dans l’Accord du 31 décembre 2016, il est spécifié au point IV.5.3: «La Majorité présidentielle, l’Opposition politique et la Société civile dont sont issus les membres actuels de la CENI et qui le désirent, sont libres de procéder, dans un délai de 14 jours à dater de la signature du présent Accord, au remplacement de leurs délégués conformément à la Loi en la matière. Les membres concernés déposent leurs démissions aussitôt que la demande leur en est faite par leurs composantes d’origine».
Voici que la composante d’origine de Jean-Pierre Kalamba s’appelle «Groupe parlementaire UDPS et Alliés», composé entre autres des députés chassés du parti de Tshisekedi et d’autres élus d’obédience tshisekediste. «Le lider maximo est dos au mur. Je me demande de quelle UDPS parle-t-on parce que Limete n’a jamais reconnu la légitimité des institutions dans lesquelles siègent ses propres députés depuis 2012. Le parti est contraint soit de négocier directement avec notre groupe, UDPS et Alliés, en vue de le reconnaître publiquement», analyse Serge Mayamba, député UDPS élu de la Tshangu.
Serge Mayamba n’exagère pas. Sauf reconnaissance par Tshisekedi ou négociation directe avec les députés exclus du parti et leurs alliés, rien n’oblige le Groupe parlementaire UDPS et Alliés, unique mandant légal et légitime de l’actuel Rapporteur de la CENI, de remplacer Jean-Pierre Kalamba.
«Faute d’avoir reconnu son groupe parlementaire, UDPS et Alliés, le parti et le président Tshisekedi ne sauront récupérer le mandat actuellement détenu par l’honorable Jean-Pierre Kalamba», martèle Serge Mayamba. Il va sans dire que dans ce cas, les élus UDPS et leur porte-étendard Samy Badibanga deviennent incontournables.
Il faut rappeler qu’en 2013, bien avant d’opter pour les élections en vue de départager Rémy Masamba et Jean-Pierre Kalamba, le Groupe parlementaire UDPS et Alliés avait offert sur un plateau d’or le fauteuil de Rapporteur de la CENI à Félix Tshisekedi, qui l’avait rejeté… au nom du père, après avoir donné son accord à Samy Badibanga et fait le déplacement de Kinshasa.
Dans un communiqué daté du 30 mai 2013, Félix Tshisekedi, alors secrétaire national aux Relations extérieures de l’UDPS en séjour à Kinshasa, avait écrit: «J’affirme ici et à la face du monde que je ne suis pas candidat au poste de Rapporteur à cette Institution d’appui à la démocratie et que cette question n’a jamais été à l’ordre du jour de l’agenda de mon parti». Maintenant que le dossier est inscrit au canevas de l’UDPS, comme l’indique le courrier du secrétaire général Jean-Marc Kabund, il appartient à Tshisekedi de s’assumer. De son côté, Jean-Pierre Kalamba fait savoir qu’il s’en tient à la procédure légale.

AKM

Africanews RDC

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