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Retour de Moïse Katumbi à Kinshasa : Un effet d’annonce

Retour de Moïse Katumbi à Kinshasa : Un effet d’annonce

Moïse Katumbi a annoncé qu’il rentrerait à Kinshasa avec la dépouille d’Etienne Tshisekedi. L’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga  a fait cette annonce à son arrivée à la Basilique de Koekelber, à Bruxelles, où se tenait hier la messe de requiem en la mémoire du sphinx de Limete.

L’enthousiasme s’est vite emparé de ses partisans  qui ont massivement partagé l’annonce de ce retour sur les réseaux sociaux. Mais ce matin, certains, qui se rappellent que Moïse Katumbi n’en est pas à sa première promesse de retour au pays, se mettent à douter. Et s’il s’agissait de la poudre aux yeux, ou d’un ballon d’essai ? Ils n’ont malheureusement pas tort. Pourquoi ? Pour une seule raison : Moïse Katumbi a la phobie de la prison. Ce qui, en clair, signifie qu’il ne rentrera pas au pays tant qu’il n’aura la certitude que toutes les menaces d’interpellation qui pèsent sur lui ont disparu. Or, pour l’instant, loin s’en faut. Les prélats de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) qui travaillent à la décrispationpolitique tentent de retourner la situation, sans succès: Ils pensaient que Moïse Katumbi étaient poursuivi pour des faits imaginaires, mis à sa charge gratuitement par le pouvoir dans le seul but de nuire à ses ambitions. Les Evêques sont aujourd’hui convaincus du contraire et conviennent que Moïse Katumbi doit être traité comme tous les justiciables congolais.

Qu’est-ce qui se passerait en cas de retour de Katumbi ?

Deux dossiers accablants sont pendants devant nos juridictions. Le premier est celui qui l’a opposé à Emmanouil Alexandros Stoupis, sujet grec, devant le Tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo. Un jugement a, ici, été rendu par défaut en date du 22 juin 2016, pour faux en écriture et usage de faux, ayant abouti à la spoliation de l’immeuble, sis numéro 6-8, au croisement des avenues Mahenge et Kato, dans la commune de Kampemba, ville de Lubumbashi, province du Haut-Katanga, propriété effective du sujet grec Emmanouil Alexandros Stoupis. Le gouverneur Moïse Katumbi Chapwe avait profité de sa position dominante pour s’accaparer, à l’aide de l’établissement de faux documents et de leur usage, d’un immeuble appartenant à une famille grecque. Pis encore, il s’est fait délivrer en avril 2002, sur cet immeuble, un certificat d’enregistrement, établi aux noms de ses enfants, Champion Katumbi et Nissim Katumbi, mineurs d’âge à l’époque. Malgré la gravité des faits, il n’a été condamné qu’à trois ans de prison pour l’ensemble de ces odieux actes.

Ce jugement cloue au pilori Moïse Katumbi et constitue la première raison pour laquelle il ne pourra rentrer avec la dépouille d’Etienne Tshisekedi. D’où les nombreuses tentatives du candidat déclaré à la prochaine présidentielle de jeter le discrédit sur cette condamnation qui a fait, la semaine dernière, l’objet d’une enquête illégale, diligentée par les Evêques à Lubumbashi et à Kinshasa, où ils ont rencontré le grec Stoupis, en chair et en os. Au regard des pièces et entrevues obtenues, la Cenco a enfin admis, en coulisses,  qu’il s’agissait ici d’une affaire privée entre un expatrié propriétaire avéré et un spoliateur, et qui n’a rien à avoir avec les faits politiques, tels que Moïse Katumbi et certains agitateurs ont semblé l’insinuer.

Qu’est-ce qui se passerait en cas de retour de Katumbi ? Dans l’état actuel des choses, la condamnation sera exécutée sans attendre, malgré la dépouille d’Etienne Tshisekedi. Moïse Katumbi a en effet été condamné à trois ans de prison, avec arrestation immédiate.

Le deuxième dossier est l’affaire de recrutement des mercenaires. Le Procureur Général de la République qui suit ce dossier dans lequel les faits sont avérés est impatient d’interroger le prévenu Katumbi. En cas de retour, Il serait interpellé au pied de l’avion, malgré la dépouille du Sphinx de Limete.

Ces deux épées de Damoclès empêchent Moïse Katumbi d’envisager sereinement son retour au pays. Il sait qu’il ne pourra efficacement faire prévaloir l’état de deuil qui nous frappe : Il a déjà rendu hommage à ya Tshitshi en Belgique, où il s’est incliné, plusieurs fois, sur sa dépouille. En outre, il se doute qu’il est considéré comme un justiciable déterminé à échapper à la justice. Dès lors, il est permis de penser qu’il serait arrêté pour être immédiatement mis à la disposition de la justice congolaise qu’il a tant insultée afin qu’il réponde de ses actes et qu’il purge sa condamnation de 3 ans de prison. Sinon, gare à l’image que le peuple congolais pourrait garder de la justice. Est-ce parce que l’on est riche et fort que l’on peut impunément arracher les biens d’autrui ?

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