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Crise post-électorale: la Cour constitutionnelle devant ses lourdes responsabilités
Une vue des membres de la Cour constitutionnelle lors d’une rentrée solennelle

Crise post-électorale: la Cour constitutionnelle devant ses lourdes responsabilités

Jean Ping a finalement décidé de mettre de l’eau dans son vin en acceptant de déposer un recours à la Cour constitutionnelle comme prévu par la loi.

Dernier rempart du processus électoral au Gabon, la Cour constitutionnelle est désormais sous pression et devant ses responsabilités.

D’un côté, le camp de Jean Ping qui a fait monter la pression en affirmant que cette institution est « une tour de pise » qui ne penche qu’en faveur du pouvoir. Jamais la Cour dirigée depuis sa création par Marie Madeleine Mborantsuo n’a donné raison à un opposant dans un contentieux électoral issu d’une élection présidentielle, argumentent Jean Ping et ses principaux soutiens, tous ex cadres de la haute administration gabonaise.

C’est pour cette raison fondamentale que Jean Ping qui se considère comme le président élu après le scrutin du 27 août dernier exigeait une réouverture des travaux de la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP). L’objectif serait de recompter, au sein de cette institution chargée de centraliser les résultats des élections, les voix de la province du Haut Ogooué, la province d’origine du président sortant Ali Bongo Ondimba.

L’ancien président de la Commission de l’Union africaine (UA) s’offusque des résultats obtenus par le président sortant dans cette province. 95% des suffrages pour un taux de participation de 99,9%. « Surréaliste », s’étonne René Ndemezo’o Obiang, directeur de campagne de Jean Ping.

Ping suggérait d’ailleurs la présence des observateurs de l’Union européenne (UE) à la CENAP pour assister à ce recomptage des voix du Haut Ogooué. Ce qu’a catégoriquement rejeté le camp du pouvoir s’appuyant sur la loi électorale gabonaise qui n’a pas prévu une telle étape et surtout la présence des observateurs dans les travaux de la CENAP. Cette institution est d’ailleurs composée de façon paritaire, majorité-opposition.

Ali Bongo Ondimba s’est personnellement opposé à un recomptage des voix à la CENAP comme demandé aussi par les principaux partenaires du Gabon : les Etats unis d’Amérique, la France et l’Union européenne, tous très regardant sur le déroulement du processus électoral dans le pays. « On me demande de violer la loi », s’est plaint le président Bongo Ondimba, recommandant à son tour à ses opposants de recourir à la Cour constitutionnelle, l’institution prévue pour ce type de contentieux.

Ali Bongo Ondimba a ainsi fait également monter la pression du côté de la Cour constitutionnelle.  Ses neuf membres ont dorénavant la lourde responsabilité historique de trancher le contentieux en 15 jours. 15 jours pour compulser les procès-verbaux (PV)  de cette province où la machine électorale se serait grippée. Mais ce n’est pas tout. Le camp du pouvoir a aussi annoncé qu’il exigera, chemin faisant, une réouverture des PV des localités d’Omboué (ville natale de Jean Ping) et de Bitam au nord du Gabon, fief de son directeur de campagne, René Ndemezo’o Obiang. Dans ces localités, Jean Ping aurait également obtenu des score éléphantesques, selon le pouvoir.

Les 9 membres de la Cour ont du pain sur la planche. Il n’est pas exclu que la cohésion ou le consensus dans la prise de décision qui caractérise cette institution s’effrite.  Jean Ping pourrait bénéficier de la complicité des 3 membres nommés par le président de l’Assemblée nationale de l’époque, Guy Nzouba Ndama devenu un de ses soutiens inconditionnels. Au sein de la Cour siège également la fille de son défunt grand frère, Pierre Louis Agondjo Okawé.

Attention, Marie Madeleine Mborantsuo a rappelé à la classe politique que les membres de la Cour sont totalement indépendants du pouvoir de nomination.

Daniel Etienne

Gabon Actu

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