Accueil ACTUALITE CHU-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville) : Le sommet de la pyramide sanitaire ne soigne toujours pas
CHU-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville) : Le sommet de la pyramide sanitaire ne soigne toujours pas
La situation du CHU-B est telle qu’elle a même fait réagir les Evêques du Congo.

CHU-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville) : Le sommet de la pyramide sanitaire ne soigne toujours pas

Les travailleurs du CHU-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville) refusent de reprendre le travail. Les conclusions de la rencontre des 17 et 18 octobre 2017 entre les ministres Firmin Ayessa, Mme Jacqueline Lidia Mikolo et l’intersyndicale de cette structure hospitalière en grève depuis le 4 octobre dernier n’a pas fait bouger les lignes. Et pour cause : les travailleurs exigent le paiement d’un deuxième arriéré de salaire sur les trois qui restent. Dans l’entre-temps, les activités du centre sont toujours paralysées.

A la date du jeudi 19 octobre devant consacrer la reprise progressive des activités du CHU-B, suite au paiement d’un mois de salaire, moins de 30 malades, selon une source hospitalière, occupaient encore les lits du sommet de la pyramide sanitaire du Congo.

Le service minimum permet de continuer d’assurer les soins aux malades encore hospitalisés dans certains services. La direction générale du CHU-B s’est engagée à assurer les mesures d’accompagnement des agents des services concernés. Compte tenu de la persistance de la grève, le Gouvernement a engagé avec l’intersyndicale du CHU-B des négociations, afin de trouver une solution à cette grève qui met à mal la santé des Congolais.
Placée sous la coordination du vice-premier ministre, Firmin Ayessa, ces discussions ont porté sur le rappel des revendications et réclamations des travailleurs du CHU-B. De leurs échanges, il a été conclu que le Gouvernement doit poursuivre ses efforts dans le règlement des situations: paiement des arriérés de salaire; règlement de la dette sociale et des allocations familiales ; amélioration des conditions de travail et versement régulier de la subvention d’équilibre; approfondissement du dialogue social entre les parties prenantes de manière à se concerter davantage sur les solutions les plus appropriées et durables aux problèmes qui se posent au CHU-B; reprise progressive de l’activité dès le jeudi 19 octobre 2017, après paiement d’un mois d’arriérés de salaire, afin de permettre aux parties prenantes de dialoguer en toute sérénité.
En outre, il a été décidé que les services des urgences reprenaient leur fonctionnement normal pendant le service minimum. Mais il a été fortement souligné que «la suspension de la grève est conditionnée par le paiement d’un deuxième mois d’arriérés de salaire dans la quinzaine de jours ouvrables pour compter du 19 octobre 2017».

Surprise et étonnement 

Telles sont les deux attitudes que l’on pouvait lire sur les visages de certains travailleurs au sortir des guichets de leurs différentes banques respectives où ils sont allés percevoir le salaire du mois de juillet, le mercredi 18 octobre dernier. Nombreux se sont retrouvés avec des nets à payer de 10.000 F. CFA. Une situation qui reste inexpliquée. On imagine que cela est dû aux prélèvements des banques consécutifs aux crédits qu’ils avaient obtenus. D’où leur colère. Ils ont exigé de leur tutelle le paiement d’un deuxième mois d’arriérés. Condition, selon eux, sine qua non pour suspendre et non lever la grève.
Dans cette perspective, le directeur général du CHU-B a, dans une circulaire datée du 10 octobre 2017, fait constater aux agents du centre qu’aucun salaire ne sera versé en numéraire, à compter du 1er décembre prochain. Par conséquent, les agents concernés sont priés d’ouvrir des comptes bancaires et d’en communiquer le relevé d’identité bancaire au service de la solde du CHU-B, ce qui ajoute à la lourdeur du climat sans doute.
La grève du CHU-B est loin de trouver son dénouement. Il suffit de s’y rendre pour constater le chaos. On arrive à observer à peine les hommes et femmes en blouse blanche ou rose. Une situation qui a fait réagir les évêques du Congo qui, réunis à l’occasion de la 46e Assemblée plénière du 9 au 15 octobre 2017, ont, dans un appel, non seulement adjuré le Gouvernement à payer les arriérés de salaire, mais également exhorté les agents de santé à plus d’humanisme et de solidarité humaine et fraternelle. Pour eux, la grève dans les hôpitaux ne peut pas être un abandon des malades.
En ces temps difficiles, ils ont demandé au personnel de santé de prendre de la hauteur, au nom de la déontologie médicale, de se rendre au travail pour soigner les malades parfois sans assistance.
L’hôpital militaire Pierre Mobengo est très saturé. Rien qu’au service des urgences, certains malades sont à même le sol, en attendant une consultation. Rien que pour la journée de vendredi, on a noté près de dix césariennes, alors que la capacité d’accueil de l’hôpital ne répond pas à hospitaliser toutes ces femmes. Raison pour laquelle, on est obligé parfois de les faire sortir deux ou trois jours après l’opération. Cela n’est pas normal, mais les circonstances obligent.

Cyr Armel YABBAT-NGO (La Semaine Africaine)

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