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Afrique : Condé et Déby Itno déplorent la lourde tutelle de la  France
Déby Itno et Condé

Afrique : Condé et Déby Itno déplorent la lourde tutelle de la France

Cinquante-sept ans après l’accession à l’indépendance de la plupart des pays d’Afrique francophone, la France continue d’exercer une influence remarquable sur ses ex colonies. En plus de la monnaie de ces pays arrimée au trésor français, la politique intérieure n’échappe pas non plus aux desiderata de Paris.

Dans cette allégeance quasi totale à l’Elysée, deux voix pas des moindres de Chefs d’Etat africains s’élèvent pour décrier la tutelle française jugée assez lourde et pesante sur l’Afrique et son économie. Ces voix sont celles des présidents Alpha Condé de la Guinée-Conakry et de Idriss Deby Itno du Tchad. Ces derniers dans un franc-parler qui leur est connu demandent à Paris  de laisser les coudées franches aux dirigeants africains afin que ceux-ci déterminent les destins de leurs pays.

Coïncidence pour coïncidence, c’est le président Idriss Déby Itno qui passe le témoin au président Alpha Condé de la Guinée-Conakry à la tête de l’Union africaine. Mais ce qui caractérise ces deux personnalités est le franc-parler. Les deux chefs d’Etat épousent la même approche de ce que doivent désormais être les relations entre la France et les ex colonies d’Afrique francophone. De la politique intérieure des pays africains à la sécurité au Sahel en passant par la politique monétaire, ces deux chantres de l’indépendance totale de l’Afrique veulent désormais que le continent noir prenne en main sa destinée. Pour ce tandem, les temps ont évolué et il faut à présent revoir les clauses de la politique française en Afrique.

Dès son élection à la tête de l’Union africaine, le président Alpha Condé a fait de la révision des relations entre la France et l’Afrique, son cheval de bataille. Il a martelé devant l’ancien président François Hollande que plus n’est besoin de dicter à l’Afrique ce qu’elle doit faire. « Nous voulons être maîtres de notre destin », a-t-il  aussi dit lors d’une interview sur RFI le 13 avril dernier. Cette reprise en main de la destinée passe nécessairement par la souveraineté monétaire. Sur ce, le président Condé opte pour une monnaie ouest-africaine et plus tard, une monnaie africaine. S’agissant de la force multinationale africaine au sahel, Alpha Condé a indiqué que c’est aux Africains de prendre en charge, la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Il sera suivi par son prédécesseur à la présidence de l’Union africaine, Idriss Déby Itno. Pour l’ancien président de l’Union africaine, le moment est venu pour que l’Afrique et la France aient « désormais des relations amicales, basées sur les intérêts réciproques ». « Nous ne pouvons plus avoir des relations de maître à élève ou de maître à sujet », a-t-il martelé. En ce qui concerne le Franc CFA, le président tchadien opte pour que les 14 pays de la zone renégocient avec le Trésor français pour que le CFA devienne véritablement une monnaie africaine.

A travers leurs prises de positions, les présidents Alpha Condé et Idriss Déby emboîtent le pas aux pères de l’indépendance comme Kwame N’Krumah, Sylvanus Olympio ou encore Patrice Emery Lumumba.

Christophe SESSOU

Beninmondeinfos.com

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